Conjonctivites

La conjonctivite est une inflammation de la conjonctive provoquée par un virus (conjonctivite virale), une bactérie (conjonctivite bactérienne), une allergie (conjonctivite allergique), voire une cause toxique.

Le terme de kératite définit une inflammation de la cornée.
En pratique, les deux inflammations sont très souvent associées : on parle de kérato-conjonctivite.
Il est important de dissocier les deux car certaines kératites peuvent engendrer des séquelles graves.
Pour simplifier, on parlera des conjonctivites et kérato-conjonctivites sous le terme générique de « conjonctivites ».

(Voir l’article sur les kératites)

La conjonctivite peut être très contagieuse.
Les symptômes sont:
– des rougeurs,
– l’irritation de l’œil, des démangeaisons,
– des sensations de brûlures ou d’égratignures,
– ou des écoulements d’aspect purulent,
Le malade se plaint souvent de douleurs, de fatigues oculaires, de sensation de sable dans les yeux.

Les tableaux cliniques diffèrent selon la cause de cette conjonctivite :

Les conjonctivites virales ont la particularité de toucher simultanément plusieurs tissus (nez, poumons, intestins, articulations, méninges etc..) et bien sur l’œil et plus particulièrement la conjonctive.
La plupart des infections virales produisent une conjonctivite bénigne. Elles affectent d’abord un œil, puis se communiquent à l’autre dans les jours suivants.
Certaines sont plus irritantes, cette irritation est le principal motif de gène et de consultation. Elles peuvent être visuellement invalidantes. Les formes de conjonctivites virales les plus communes sont:
– la kérato-conjonctivite épidémique, irritante, très contagieuse mais généralement très bénigne,
– la fièvre pharyngo-conjonctivale . Cette dernière est caractérisée par de la fièvre, un mal de gorge et une conjonctivite. Elle peut être unilatérale ou bilatérale. L’affection est contagieuse 1 mois. Les atteintes cornéennes sont rares. Le trouble visuel et la gêne sont de sévérité variable, ils persistent quelques jours à 3 semaines.
Ces deux affections sont causées par des adénovirus. Leurs signes cliniques clés sont communs : congestion des conjonctives, larmoiement, écoulement, paupières gonflées.
Des ganglions sont palpables à proximité.
Les deux affections sont très contagieuses.

Les conjonctivites bactériennes :
Les patients atteints présentent une inflammation toujours visible au moins sous les paupières. L’infection commence souvent dans un œil puis s’étend à l’autre. On observe habituellement un écoulement purulent. Les paupières sont gonflées et collées au réveil. Le gonflement s’atténue en position debout. La réapparition le lendemain malgré le traitement est normale et tient au fait de la position allongée.
Il peut y avoir une sensation de sable ou de corps étranger dans l’œil, mais il n’y a pas habituellement de douleur intense.
La fonction visuelle n’est pas altérée, tout au plus peut-il y avoir un « voile » devant les yeux, du fait de l’œdème.
Les bactéries le plus fréquemment observées dans les conjonctivites banales sont les Staphylococcus aureus, Haemophilus influenzae, Streptococcus pneumoniae et Pseudomonas aeruginosa.

Les conjonctivites à germes atypiques :
Deux germes atypiques affectent occasionnellement les yeux, ce sont les chlamydiae et les mycoplasmes.
Les chlamydiae touchent souvent l’adulte jeune. L’atteinte oculaire touche la conjonctive mais peut toucher également l’iris et être responsable de douleurs intenses. Cette affection qui peut être due à une contamination sexuelle rencontre dans le cadre d’un tableau complexe, le syndrome de Fiessenger Leroy Reiter : il s’y associe plus ou moins constamment une urétrite (inflammation de la voie urinaire basse) et des douleurs articulaires. Le traitement est antibiotique.
Les affections à mycoplasmes ont souvent également une origine sexuelle. Le tableau est sensiblement le même en moins aigu. Le traitement est également antibiotique.

Les conjonctivites allergiques :
Les patients affectés par ces conjonctivites sont souvent des allergiques connus ou des personnes ayant de la famille allergique. Ces conjonctivites sont saisonnières, correspondant à un allergène précis (pollens, acariens). Le début est brutal, les deux yeux sont touchés simultanément. L’inflammation conjonctivale est très variable d’un sujet à l’autre. On observe un larmoiement modeste à très abondant, liquide, associé souvent à un écoulement nasal abondant et des éternuements et des démangeaisons parfois intenses. Parfois les symptômes se limitent à une simple irritation symétrique avec sensation de sable dans les yeux.
Le traitement consiste la plupart du temps à mettre un collyre antiallergique. La désensibilisation est envisageable avec de bons résultats lorsque les phénomènes allergiques durent plusieurs mois durant l’année (graminées), et que le patient n’est pas affecté par une multitude d’allergènes.

Les conjonctivites toxiques :
Elles font suite à une exposition à un contact toxique. Le mécanisme est irritatif.
Les causes sont :
– l’exposition à des fumées irritantes : tabagisme, usage de cannabis ++, le traitement le plus simple est d’en arrêter l’exposition,
– projection de produits chimiques : dans ce cas il est fondamental de rincer abondamment à l’eau courante le plus longtemps possible et de consulter en urgence un ophtalmologique : le risque est la brûlure chimique de la cornée responsable d’irrégularité de la cornée, de cicatrices et de gêne importante avec perte de la transparence.

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